Don d’organes : en parler à ses proches, un geste essentiel pour les patients de l’ALTIR

En 2025, 265 patients de l’ALTIR étaient inscrits sur liste d’attente pour une greffe de rein. Pour eux, le don d’organes est un espoir concret. À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée chaque 17 octobre, l’ALTIR rappelle un geste simple : parler de son choix à ses proches.
La greffe de rein, un espoir pour les patients dialysés
L’ALTIR, Association Lorraine pour le Traitement de l’Insuffisance Rénale, accompagne chaque jour des personnes atteintes d’insuffisance rénale. Lorsque les reins ne fonctionnent plus, la dialyse prend le relais. Elle permet de vivre, mais elle impose un rythme exigeant : en général trois séances par semaine, plusieurs heures à chaque fois.
Pour de nombreux patients, la greffe rénale est le traitement qui offre la plus grande liberté. Le rein est d’ailleurs l’organe le plus greffé en France : 3 757 greffes rénales ont été réalisées en 2024, un chiffre en hausse de 6,6 % sur un an.
En 2025, 42 patients de l’ALTIR ont été greffés. Chaque greffe change une vie.
Une attente encore longue
Au 1er janvier 2025, 10 883 malades étaient en attente active d’un rein en France. Les 265 patients de l’ALTIR inscrits sur liste d’attente en 2025 en font partie.
L’attente se compte en années. Pour les patients dialysés greffés en 2024, la durée médiane de dialyse avant la greffe était de près de 3 ans (36,9 mois). Trois ans de séances, de déplacements et d’une vie organisée autour du traitement.
Tous présumés donneurs : ce que dit la loi
En France, la loi pose le principe du consentement présumé : chacun est considéré comme donneur d’organes et de tissus après son décès, sauf s’il a exprimé un refus de son vivant.
Ce refus peut s’exprimer de deux façons :
- en s’inscrivant sur le registre national des refus ;
- en informant ses proches, par écrit ou à l’oral.
Avant tout prélèvement, l’équipe médicale consulte le registre national des refus. Si le nom du défunt n’y figure pas, elle échange avec ses proches pour savoir s’il avait exprimé une opposition.
Pourquoi il est essentiel d’en parler à ses proches
Beaucoup de Français pensent que le prélèvement est automatique en l’absence d’inscription au registre : c’est le cas de 62 % d’entre eux. En réalité, les proches sont toujours consultés.
Or, au moment d’un décès, beaucoup de familles ignorent ce que souhaitait la personne disparue. Dans le doute, et dans un moment de grande douleur, elles s’opposent souvent au prélèvement.
Les chiffres le montrent : le taux d’opposition a atteint 36,4 % en 2024, un niveau record, puis 37,1 % en 2025. L’opposition est la première cause de non-prélèvement, avec plus des deux tiers des cas.
Ce chiffre pèse directement sur les patients en attente : 84 % des greffes de rein proviennent de donneurs décédés.
Parler de son choix, qu’on soit favorable ou non au don, c’est éviter à ses proches d’avoir à deviner. C’est aussi leur permettre de respecter sa volonté, sereinement.
Comment aborder le sujet en famille
Il n’y a pas de bon moment, mais quelques repères peuvent aider :
- profiter d’une occasion naturelle : un reportage, une actualité, la Journée mondiale du don d’organes ;
- dire simplement sa position, sans chercher à convaincre ;
- demander à ses proches ce qu’ils souhaitent pour eux-mêmes ;
- consulter ensemble les informations officielles sur dondorganes.fr.
Le don du vivant, une autre voie pour la greffe rénale
Le rein peut aussi être donné de son vivant, le plus souvent par un proche du patient. En 2024, 598 greffes rénales ont été réalisées à partir de donneurs vivants, soit 15,9 % des greffes de rein. Cette démarche est très encadrée et fait l’objet d’un suivi médical du donneur.
Questions fréquentes sur le don d’organes
Suis-je donneur d’organes ? Oui, en France, vous êtes présumé donneur, sauf si vous avez exprimé un refus de votre vivant.
Comment refuser le don d’organes ? Vous pouvez vous inscrire sur le registre national des refus, ou faire connaître votre refus à vos proches, par écrit ou à l’oral.
Pourquoi mes proches sont-ils consultés ? L’équipe médicale doit s’assurer que la personne décédée n’avait pas exprimé d’opposition. Les proches témoignent de sa volonté.
Quels organes peuvent être greffés ? Le rein est le plus couramment greffé. Le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et des parties de l’intestin peuvent aussi l’être, ainsi que des tissus comme la cornée.
Parler du don, c’est aussi penser à nos patients
À l’ALTIR, nos équipes accompagnent au quotidien des patients qui attendent une greffe. Prendre quelques minutes pour parler du don d’organes avec ses proches, c’est un geste simple qui peut, un jour, leur rendre une vie plus libre.
Pour en savoir plus : dondorganes.fr
Sources
- Chiffres ALTIR : données internes 2025.
- Agence de la biomédecine, rapport médical et scientifique 2024 – Greffe rénale
- Agence de la biomédecine, rapport 2024 – Prélèvement d’organes
- Agence de la biomédecine, état des connaissances sur l’opposition (mai 2024)
- Pourquoi Docteur, bilan 2025 de l’Agence de la biomédecine
